Chaque pays part de zéro. Il n'y a encore rien — pas de serveurs, pas de plateforme active, pas d'ambassadeurs sur le terrain. Tout est à construire. Projet par projet, serveur par serveur, brique par brique.
Qui doit le faire ? Tout citoyen qui souhaite s'impliquer. Mais les premiers concernés sont ceux qui ont le plus à y gagner : les citoyens sans emploi. En France, ceux qui figurent sur France Travail. Dans les autres pays, ceux qui sont sortis de l'école sans perspective, quelles que soient leur niveau d'études et leurs filières. Des citoyens sans emploi.
Se former en construisant
Le premier contingent s'inscrit dans le projet, se forme et implémente lui-même les briques de l'écosystème. Les premiers seront les informaticiens de tous bords — et ceux qui veulent embrasser cette carrière. Mais on les forme dans le cadre du projet.
Le projet a besoin de personnes pour s'implémenter. Et pour s'implémenter, il applique ce qu'il préconise : la formation est le point d'entrée de ceux qui n'ont pas d'emploi. Ce n'est pas une formation gratuite et vide. C'est une formation qui construit quelque chose de concret. Dès qu'un niveau de connaissance est atteint et utile, on s'implique immédiatement dans le projet. Il n'y a pas de délai fixe — la formation est une continuité.
Ceux qui travaillent pour le projet sont recrutés dès que le projet génère des ressources. Le projet est sa propre première démonstration.
Le maillage d'ambassadeurs
Ceux qui se forment et font preuve d'assiduité deviennent des ambassadeurs du projet. À l'échelle d'un pays, le déploiement repose sur un maillage d'ambassadeurs numériques à tous les niveaux :
Les ambassadeurs territoriaux sont déployés sur le terrain, territoire par territoire. Ils portent le projet dans chaque région, chaque département, chaque ville.
Les ambassadeurs sectoriels sont des spécialistes par domaine — santé, éducation, agriculture, industrie. Ils établissent le pont entre les besoins du terrain et les capacités de l'écosystème.
Les ambassadeurs de l'équité numérique sont chargés d'embarquer ceux que le monde numérique laisse au bord du chemin — les citoyens non alphabétisés, les illettrés, les personnes âgées non connectées. Personne ne reste au bord du chemin.
Ce troisième type d'ambassadeur est critique. Le projet repose entièrement sur trois conditions : posséder un ordinateur, disposer d'une connexion Internet, savoir les utiliser. Sans équité numérique, le projet crée la même exclusion qu'il prétend combattre. Les ambassadeurs de l'équité numérique ne se contentent pas d'accompagner — ils déploient concrètement le projet d'équité numérique : assemblage local d'ordinateurs, création de centres de connexion communautaire, formation à la littératie numérique. Ce sont les premiers emplois créés par l'écosystème — assembler, maintenir, former, accompagner. Le premier cercle de chômeurs trouve ici ses premières missions concrètes et rémunérées.
Ce mécanisme est déjà construit. Dès le premier jour, tout citoyen disposant d'un ordinateur et d'une connexion peut devenir ambassadeur de l'équité numérique — après vérification biométrique de son identité, candidature avec trois engagements, et approbation. Il crée des comptes pour ceux qui ne peuvent pas s'inscrire seuls — via un assistant de délégation en cinq étapes. Chaque compte est un vrai compte dans l'écosystème, avec un certificat de participation. Et le bénéficiaire reprend son autonomie quand il est prêt — un courriel de reprise, un code PIN, un mot de passe. La transition est complète. Les ONG et associations d'aide à la personne peuvent utiliser le même parcours.
La convergence
Un chômeur y trouve une formation qui débouche sur un emploi. Un retraité volontariste y trouve une occupation porteuse de sens — le projet a besoin d'intelligences, de personnes expérimentées, d'un raisonnement élevé pour constituer les premiers cadres. Un salarié intéressé y trouve une ambition, un moyen d'apporter son expertise même à temps partiel.
C'est le premier cercle de convergence des intérêts. Celui qui amorce tout le reste.
