La Gouvernance Descendante — Le Diagnostic
Quatre livres. Deux pays. Un même mécanisme. Les preuves.

La France et le Cameroun ne sont pas choisis au hasard. Ils incarnent deux intensités du même mal. En France, la gouvernance descendante porte un costume républicain. Elle s'exprime en pourcentages, en rapports de la Cour des Comptes, en réformes qui ne réforment rien. En 30 ans, la croissance a été divisée par 6, l'industrie a perdu la moitié de son poids dans le PIB, la dette a triplé, le système éducatif est passé de 10ème à 26ème au classement PISA. 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. 6 millions sont au chômage. 40 000 meurent chaque année de causes liées à la pollution. 530 000 personnes âgées vivent en « mort sociale ». Et l'État continue d'écrire des rapports.
Au Cameroun, le même mécanisme ne s'embarrasse pas de costume. 43 ans de dictature sous Paul Biya. Un pays qui en 1977 rivalisait avec la Corée du Sud — 9,4 % de croissance, plein emploi des diplômés, budgets équilibrés. Aujourd'hui : 74,6 % de chômage réel, 90 % d'économie informelle, 37,5 % de la population sous le seuil de pauvreté, 3 285 écoles fermées, 12 000 morts violentes depuis 2016, 1,5 million de déplacés internes. L'auteur, Pierre TCHEKOUTEU, est né dans ce pays. Il a vu de ses propres yeux la destruction de chaque acquis. Lorsqu'il écrit sur les usines fermées, les universités délabrées, les routes défoncées — il ne décrit pas un pays lointain. Il décrit sa propre mémoire.



